Le concert des Pixies au Paradiso

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Amsterdam la cité des anges…

Ah ! On me dit dans l’oreillette que c’est pas exactement ça…

Le long des berges mortes on est venus des quatre coins du monde – Candy, Marla et moi – pour se retrouver à Amsterdam où les Pixies se donnent en concert CE SOIR.

Marla a pas réussi à choper une place pour elle – mais au moins elle peut passer un week-end avec sa sœur – ce qui est, par les temps qui courent, un événement en soi inestimable.

Le Paradiso – certainement une ancienne église réformiste ou un truc de ce genre – transformée en salle de concert. L’acoustique doit être pas mal je suppose.

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Ça me fait penser à la fois où je suis rentré dans une église à Amsterdam – la dernière fois que j’y suis allé, avec Élodie. À l’entrée il y avait écrit « Café gratuit à la fin de l’office » alors on a débarqué sans prévenir – un culte anglican, tout le monde chantait des airs gospel, tout le monde joyeux et accueillant et le prêtre en kilt. Quand tout a été terminé, on nous a filé des tasses de café – pas fameux mais j’en ai pris deux ou trois fois – attends, normal : il était gratuit. On nous a même demandé si on voulait manger avec les gens de la paroisse mais quand même, fallait pas pousser le bouchon…

Candy et moi on attend une heure sur les marches du parvis – à mâcher des Malabar en rigolant. Un gars nous tient compagnie – il nous parle des précédents concerts auxquels il a assisté au Paradiso.

On se place dans la fosse au premier rang pour tout voir du concert. On est même devant les photographes qui essaient de nous piétiner pour avoir leur plus beau cliché.

Le stand de bières est pas loin non plus – un peu en retrait sur la gauche.

En première partie – un groupe dont on sait pas le nom. Ça passe… mais on s’extasie pas devant eux on est pas venus pour ça. On est venus pour voir les PIXIES

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Et les voilà justement qui débarquent sur scène.

Hell Yeah !

Sans Kim Deal qui est passée au Paradiso il y a pas longtemps avec son propre groupe – les Breeders.

Mais toujours avec l’amour vache du public qui les caractérise.

Pas de bonjour, aucun mot entre les morceaux. Ils les alternent presque sans aucune pause.

Des vitraux derrière la scène. Des prêcheurs, des envoyés de Dieu.

Des envoyés du Dieu du rock alternatif.

L’acoustique ? Le seul regret : du premier rang on entend pas trop la voix de Black Francis.

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Au niveau de la bière, le seul regret : c’est de la Heineken et puis c’est tout.

Les chansons défilent sous nos yeux ébahis – putain on est juste devant Joey Santiago quoi !

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La salle affiche complet. Du premier rang je me retourne et je vois la foule en délire – dans tous les sens les gens sont déchaînés ils sautent partout. Des pogos en pagaille. Pour nous le but consiste à pas se faire écraser contre le bord de l’estrade. Planet of Sound.

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Les Pixies ont vieilli – et leur public aussi. Les pogos sont finalement tout timides comme si les gens avaient peur de se casser un ongle ou de se froisser un muscle. Allez du nerf les enfants !

Here comes your Man . Il fait chaud très chaud des jets de transpiration des corps qui se mélangent. Au bout d’un moment je fixe Candy des yeux. Je vais sombrer alleeeez ouais je sombre c’est pas tout les jours que l’occasion se présente et je me jette en arrière je me fais absorber par ces rangées ces armées de bras emporté par la foule je nage nage et je ressors la tête de cette masse humaine qui sent la Heineken en gueulant YOU NEVER WAIIIIT SO LOOOOONG !!!!

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Puis une chanson plus calme et on relâche la pression.

Avant d’attaquer la foule de nouveau. Debaser

Et pour l’instant, aucune de mes chansons préférées – Gouge Away, Caribou et surtout, évidemment, Where is my Mind.

Rappel.

Du premier rang on voit la songlist aux pieds de Black Francis et de Joey Santiago.

Ils vont faire un deuxième rappel. C’est obligé. Et ils vont clore le concert par Where is my Mind.

C’est écrit.

C’est écrit WHERE en majuscules tout comme c’était écrit WAVE pour Wave of Mutilation.

Voilà. Les Pixies se cassent. Ils vont revenir interpréter l’hymne de toute une génération.

Les techs font à nouveau les balances.

Puis soudain l’un d’eux fait un geste de décapitation. C’est fini.

Les bâtards vont partir comme des voleurs alors qu’il leur reste LA chanson à jouer.

Dans le public des gens déchaînés s’emparent du micro pour le péter. L’ingé intervient ! « C’est eux bordel ! C’est pas nous ! Laissez le matos tranquille, c’est sur eux qu’il faut taper. »

Candy et moi on finit notre bière tiède et on repart bredouille – rejoindre Marla quelque part dans le Quartier Rouge. Les Pixies vont peut-être aller se coucher – notre nuit à nous ne fait que commencer.

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