46000 mots

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« Perdre 46000 mots c’est comme éjaculer dans un mouchoir – c’est contre-productif » Anne Onyme.

 

Cette semaine juste quelques mots pour vous dire que je viens d’en perdre 46000, justement, des mots.

Quarante-six mille. Un peu plus même.

La retranscription du carnet de voyages de mes vacances en Irlande cet été.

J’étais tranquillement installé à la table de ma cuisine – ma table d’écriture – en calbute, juste après le réveil une douche et un café-clope au rebord de ma fenêtre – encore dans le cake alors que l’aube pointait à peine le bout du nez – j’écoutais Neil Young – une de mes chansons préférées.

QUAND SOUDAIN…

Mon ordi a freezé – le son s’est figé, plus moyen de bouger le curseur, écran paralysé. Pas eu d’autre choix que de redémarrer le salaud.

« C’est bon » je me suis dit « de toute façon j’utilise un traitement de texte spécial qui enregistre automatiquement et régulièrement mon texte. » – si on veut il compte les mots, il donne le pourcentage de l’objectif du jour à atteindre – il imite même le bruit de la frappe à la machine à écrire – c’est vous dire…

La machine redémarre, je lance le logiciel. Et là

PLUS RIEN.

J’ouvre mon document avec un autre traitement de texte – un programme plus normal – WYSIWYG on appelle ça – et on trouve que c’est normal…

Ouf, tout est là – il manque juste deux ou trois lignes – la sauvegarde automatique les a pas prises en compte – pas grave ça ira vite pour rattraper tout ça.

Je ferme le premier logiciel. Je ferme le second sans rien modifier. Et je relance le premier.

PLUS RIEN – bis.

Je relance le second. Et là

PLUS RIEN LÀ NON PLUS.

Mon texte s’est envolé.

46000 mots.

Des mois de travail. Des soirées entières avachi sur mon tabouret avec Blur en fond sonore

Pas le temps de paniquer je dois me préparer fissa pour aller bosser.

Allez bordel, restons positifs !

Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien

 

J’ai compris la leçon – c’est pas grave c’est le destin le hasard la – triste – fortune – de mes deux.

Ça veut simplement dire qu’il est peut-être temps de passer à autre chose.

J’ai d’autres carnets de voyages qui attendent d’être retranscrits. J’ai d’autres projets, d’autres choses à raconter. Beaucoup plus intéressantes.

Et ensuite – plus tard – quand j’aurai le temps et quand j’aurai plus ce bordel coincé dans la gorge comme un vieux crachat dans une glotte – PEUT-ÊTRE que je me replongerai à nouveau dans mes souvenirs et que je re-retranscrirai mes vacances.

D’ailleurs, il se pourrait même que ce soit mieux.

Parce que là, honnêtement, ces 46000 mots –

Quarante-six mille. Un peu plus même –

c’est absolument pas montrable. Pas romançable.

C’est nul, ça part dans tous les sens, ça concerne que moi moi MOI et personne pourrait les lire.

De la matière brute.

Toute bonne à être malaxée broyée chiée mélangée transformée incorporée dans un texte qui – LUI – le sera – romancé.

Inch’Allah.

 

46000 mots envolés.

Mais au moins ça m’a fait les dents.

Je chantais ? Eh bien, je danse maintenant.

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