Parfums d’alcôve

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Morcheeba. Big Calm en boucle.

Ad libidum.

Mes yeux s’ouvrent et se ferment au rythme des basses. Dans l’air tiède, nu sous la couette, j’émerge d’une nuit sans rêves. Trop courte pour ça.

L’aube s’agite. Le ciel est chaud, chaleureux.

Cotonneux, caverneux, brûlant.

L’enfer sur Terre.

Reflets de napalm, paupières fragiles. Odeur de souffre et de transpiration, mêlée à celle des parfums d’alcôve.

Elle se réveille. Discrètement, je disparais du lieu du drame. Elle se redresse un peu sur l’oreiller. Je me glisse, fantôme de feu et de lumière, désintégré, vers la fenêtre.

« Tu fais quoi? »

Avant que ces couleurs, si particulières, ces saveurs orientales, ne s’évanouissent, je saisis l’instant.

On sait que ça ne durera pas.

Un autre morceau passe. Prémisse de la catastrophe annoncée.

Morcheeba toujours. Fragments of Freedom.

Ad libidum. Decrescendo.

On sait que ça ne durera pas.

Ça fait partie du jeu, de la beauté de la chose.

Pour conjurer le sort, on fait l’amour.

Deux fois.

La première pour la forme.

La seconde pour le souvenir.

Bientôt il fera jour, totalement, on s’abandonne l’un l’autre avant de tout abandonner.

Et on partira, chacun de son côté.

 

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